Mobilité sociale : comprendre l'ascension et le déclassement

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Capital culturel et déclassement

Le capital culturel désigne l'ensemble des savoirs, diplômes, biens culturels et langage propre détenus par un individu.

Le déclassement désigne la descente d'un individu dans l'échelle sociale. Il peut être :

  • intergénérationnel : position sociale inférieure à celle de ses parents ;
  • intragénérationnel : passage à une position sociale inférieure au cours de la carrière ;
  • scolaire : le diplôme de l'employé est supérieur à celui requis par l'emploi.

Les formes de la mobilité sociale

La mobilité intergénérationnelle correspond au changement de groupe socioprofessionnel d'un individu par rapport à la génération précédente.

La mobilité intragénérationnelle correspond au changement de groupe socioprofessionnel au cours de la vie active.

Mesurer la mobilité

La mobilité observée représente le pourcentage de personnes ayant une position sociale différente de celle de leur père. Elle est obtenue à l'aide des taux absolus de mobilité figurant dans les tables de mobilité.

La mobilité structurelle est contrainte par les transformations de la structure sociale.

La mobilité nette correspond à la mobilité supplémentaire, indépendante des changements de structure sociale. Elle est égale à la mobilité sociale brute moins la mobilité structurelle.

Hiérarchie sociale et inégalités

Dans le chapitre précédent, nous avons vu que la société est structurée par de multiples inégalités économiques et sociales, qui forgent les contours de groupes sociaux, voire de classes sociales. Autrement dit, la société est hiérarchisée : certains groupes sont en haut de la hiérarchie, d'autres en bas.

Dans ce chapitre, nous nous interrogeons sur les possibilités de déplacement au sein de cette hiérarchie sociale : est-il possible de « monter » ou de « descendre » facilement ? Les individus et les groupes peuvent-ils changer de statut dans la société, ou les statuts sont-ils figés ? Les changements, s'ils existent, se produisent-ils à l'échelle d'une génération ou de plusieurs ? Comment expliquer ces déplacements dans l'échelle sociale, ou au contraire les phénomènes de reproduction des statuts hérités de la génération précédente ?

Ces questions sont liées à la mobilité sociale, c'est-à-dire la circulation des individus entre les positions sociales. Il s'agira, avant d'observer ce phénomène en France au cours des cinquante dernières années, de cerner ses enjeux, de définir ses formes et de s'interroger sur sa mesure : de quels instruments dispose-t-on pour observer la mobilité ? Nous nous familiariserons avec les tables de mobilité et mettrons en évidence leurs limites pour mesurer le phénomène de mobilité sociale.

Dans un deuxième temps, nous verrons si la mobilité existe dans la société française aujourd'hui, et si elle est plutôt ascendante ou descendante : nous chercherons à savoir si le sentiment, éprouvé par certains individus ou groupes sociaux, que les possibilités d'ascension sociale sont bloquées, est aujourd'hui vérifié.

Enfin, nous nous intéresserons aux facteurs qui favorisent ou empêchent la mobilité sociale, et notamment à l'interaction entre la socialisation familiale et la socialisation scolaire.

Égalité des chances et blocage des hiérarchies

Une société plus mobile et plus fluide démontre en apparence des progrès dans la réduction des inégalités, avec un progrès de l'égalité des chances. Mais elle peut s'accompagner d'un maintien des inégalités de position, de revenus, de niveau de vie et de mode de vie. Ce blocage des hiérarchies est particulièrement vrai dans la société française.

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